Il y a encore peu de temps, les éleveurs de l’Arrondissement de Mengueme devaient parcourir plus de 50 kilomètres pour s’approvisionner en aliment de bétail de qualité. Mbalmayo était la référence la plus proche. Pour un éleveur de poussins ou de porcs, ce déplacement représentait à la fois un coût, une perte de temps et une dépendance structurelle qui limitait le développement de la filière. C’est face à ce constat que le CODEVAM a décidé d’agir.

Un projet né d’un diagnostic de terrain

Le Comité de Développement de l’Arrondissement de Mengueme (CODEVAM) a mené dès 2024 un diagnostic approfondi des besoins économiques de l’arrondissement. La conclusion était sans appel : l’absence d’une unité de transformation de maïs en aliment de bétail constituait le premier frein au développement de l’élevage local.

La provenderie s’est alors imposée comme la priorité stratégique du bureau exécutif. En novembre 2024, sous la présidence du Sous-Préfet de Mengueme, le CODEVAM a procédé au lancement officiel de sa première unité de production d’aliments pour bétail — une première dans l’histoire de l’Arrondissement.

Qu’est-ce qu’une provenderie ?

Une provenderie est une unité industrielle ou semi-industrielle de production d’aliments composés pour animaux d’élevage (volailles, porcs, bovins, poissons). Elle transforme des matières premières — principalement le maïs, les palmistes, le blé et d’autres sous-produits agricoles — en granulés ou farines calibrés selon les espèces et les stades de croissance des animaux.

Dans le contexte de Mengueme, le maïs représente la matière première motrice. L’Arrondissement dispose de terres arables favorables à sa culture intensive, ce qui crée une complémentarité naturelle entre les producteurs locaux et l’unité de transformation.

📌 Le savez-vous ? Selon les études menées par le CODEVAM, aucune unité de provenderie n’existait dans un rayon de plus de 50 km autour de Mengueme avant le lancement de ce projet. Le marché local représente une opportunité considérable pour les acteurs de la filière.

Une chaîne de valeur complète

Ce que le CODEVAM a mis en place va bien au-delà d’une simple unité de transformation. Il s’agit d’un véritable cluster économique intégré, structuré autour de plusieurs maillons interdépendants :

  • Les producteurs de maïs qui fournissent la matière première
  • Les transporteurs qui assurent l’acheminement des récoltes vers l’unité
  • Les techniciens de la provenderie qui assurent la transformation
  • Les éleveurs (aviculteurs, pisciculteurs, éleveurs porcins) qui constituent le marché de sortie
  • Les commerçants et revendeurs d’aliments qui étendent la distribution

Chaque maillon de cette chaîne représente un emploi, une activité génératrice de revenus pour les fils et filles de Mengueme.

Des résultats dès la première campagne

Le projet n’est pas resté au stade des intentions. Dès la première campagne agricole 2025, plus de cinquante tonnes de maïs ont été collectées directement auprès des producteurs locaux à des prix homologués. Ces ressources ont alimenté les premières productions de la provenderie et démontré la viabilité du modèle économique choisi.

Le CODEVAM a également distribué plus de 1 000 kg de semences de maïs certifiées à ses producteurs partenaires, couvrant 8 carrefours de distribution dans l’Arrondissement. Ce soutien amont garantit la continuité de l’approvisionnement en matière première.

S’inscrire dans la politique nationale

La provenderie de Mengueme n’est pas un projet isolé. Elle s’inscrit directement dans le Plan Intégré d’Import-Substitution agropastoral et halieutique, une politique nationale visant à réduire la dépendance du Cameroun aux importations alimentaires. Chaque tonne d’aliment produite localement est une victoire économique pour la commune et pour le pays.

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